À cheval sur la plage…

Petite, je rêvais de promenades à cheval sur la plage. Comme je ne sais toujours pas monter à cheval et qu’en dehors de « Paris Plages », quand on habite la capitale, il est difficile de trouver des étendues sableuses, je vis mon rêve par procuration. Voici ma petite collection imaginée de ballades équestres en bord de mer.

Il faut dire que j’avais visiblement des goûts de luxe. En témoigne cette photographie de la reine des Pays-Bas Whilelmina, en compagnie de son époux et de leur fille, tous élégamment vêtus et se préparant pour une randonnée équestre en bord de mer. Cette photographie anonyme aurait été prise entre 1915 et 1925.

Wilhelmina, reine des Pays-Bas, Hendrik van Mecklenburg-Schwerin et Juliana, princesse des Pays-Bas, avec leurs chevaux sur la plage. Photographie anonyme, 1815-1825, 8,8 x 13,7 cm. Source : Rijksmuseum.
Wilhelmina, reine des Pays-Bas, Hendrik van Mecklenburg-Schwerin et Juliana, princesse des Pays-Bas, avec leurs chevaux sur la plage. Photographie anonyme, 1815-1825, 8,8 x 13,7 cm. Source : Rijksmuseum.

Mais tout de même, en regardant ces clichés trouvés sur Gallica, je me dis que cela aurait pu être moi, sur mon poney, trottant aux côtés de mon papa. Ces belles photographies joliment contrastées, prises par l’Agence Rol, datent de 1912.

Deauville, photographie de presse, Agence Rol, 1912. Photographie négative sur verre, 13 x 18 cm.
Deauville, photographie de presse, Agence Rol, 1912. Photographie négative sur verre, 13 x 18 cm. Source : Gallica/BnF.

Plus grande, j’aurais pu poser fièrement en amazone, exhibant mes jolies bottines à lacets.

Man en vrouw te paard op het strand (Noordzeekust), Nederland of Duitsland, Anonymous, vers 1900.
Homme et femme à cheval sur la plage (Mer du Nord). Photographie anonyme, vers 1900. Source : Rijksmuseum.

Et pour parler peinture, commençons par Max Liebermann, grand peintre du mouvement impressionniste allemand, qui a fait parler de lui récemment lors de la vente d’un tableau de 1901 intitulé Deux cavaliers à la plage. Cette toile, redécouverte par hasard en 2012, faisait partie des œuvres pillées par les nazis pendant la guerre. Restituée à David Toren, l’héritier de David Friedmann à qui elle avait été volée, elle a été mise en vente le 24 juin dernier chez Sotheby’s à Londres et adjugée 1,865 millions de livres. Pour ma part, je vous montre Le Cavalier sur la plage, dont les bleus et les gris profonds, comme les vifs coups de pinceau, restituent bien la mer par temps agité.

Max Liebermann, Le Cavalier sur la plage, 1904. Huile sur toile, 46 x 55 cm. Musée des Beaux-Arts de Liège.
Max Liebermann, Le Cavalier sur la plage, 1904. Huile sur toile, 46 x 55 cm. Musée des Beaux-Arts de Liège.

En remontant encore un peu le temps, j’ai trouvé d’autres peintures illustrant ce sujet. Celle d’Isaac Israels, peintre du mouvement impressionniste d’Amsterdam, m’amuse particulièrement. Isaac Israels a souvent passé l’été dans le quartier de Scheveningen à La Haye, où il peignait des scènes de bord de mer. Certes il s’agit ici d’ânes et non de fiers étalons, mais je n’ai pas pu résister à l’envie vous montrer ces trois blondinettes illustrant à merveille l’avènement des loisirs[1] à partir du milieu du XIXème siècle et la conquête de la plage comme lieu de villégiature.

Isaac Israels, Promenades à dos d'âne sur la plage, vers 1890-1901. Huile sur toile, 51 × 70 cm.
Isaac Israels, Promenades à dos d’âne sur la plage, vers 1890-1901. Huile sur toile, 51 × 70 cm. Source : Rijksmuseum.

Charles Rochussen, peintre et dessinateur néerlandais du XIXe siècle, nous livre sur ce thème ce dessin où des bourgeois en ballade s’entretiennent avec un berger rencontré au détour du rivage. À l’arrière-plan, promeneurs à cheval profitent du bord de mer.

Charles Rochussen, Aan de kust van de Zuiderzee, 1878. Dessin, 17,2 x 26,4 cm. Source : Rijksmuseum.
Charles Rochussen, Aan de kust van de Zuiderzee, 1878. Dessin, 17,2 x 26,4 cm. Source : Rijksmuseum.

J’ai gardé ma peinture préférée pour la fin. Anton Mauve est un peintre néerlandais de l’école de La Haye. Élève de peintres animaliers dans sa jeunesse, il peignit par la suite beaucoup de scènes de campagne, ses paysages avec des moutons étant les plus populaires. Anton Mauve est aussi connu pour avoir enseigné un temps la peinture à Vincent van Gogh, dont il avait épousé la cousine. Cette promenade matinale à cheval sur la plage est celle qui m’inspire les plus beaux rêves.

Anton Mauve, Promenade matinale à cheval sur la plage, 1876. Huile sur toile, 43.7 × 68.6 cm. Source : Rijksmuseum.
Anton Mauve, Promenade matinale à cheval sur la plage, 1876. Huile sur toile, 43,7 × 68,6 cm. Source : Rijksmuseum.

[1] Voir Alain Corbin, L’Avènement des loisirs : 1850-1960, Paris, Aubier, 1995.

Sur ce thème voir aussi :

Sur le site L’Histoire par l’image : Les plaisirs de la plage au XIXe siècle.

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