En omnibus

Dans un billet précédent, je vous parlais de l’ « enterrement » du dernier omnibus hippomobile parisien et vous racontais l’histoire partagée des chevaux et des transports en commun dans la capitale. Le Musée des transports urbains, à Chelles, était ouvert au public dans le cadre des Journées du patrimoine, au mois de septembre. Il est tenu par les bénévoles de l’AMTUIR, Association pour le Musée des transports urbains, interurbains et ruraux et n’est malheureusement visitable que lors des Journées du Patrimoine et lors de la Nuit des Musées, mais aussi sur rendez-vous pour les groupes. J’ai donc pu visiter cet étonnant musée et admirer « en vrai » les véhicules que je n’avais vus que sur les photographies d’Atget et de l’Agence Rol. Je vous présente ici un petit portfolio de clichés pris au musée, afin de vous donner envie d’y aller, et vous renvoie vers mon ancien article pour plus d’histoire…

Omnibus, place Saint-Sulpice. Atget, 1898. Source : Gallica/BnF.
Omnibus, place Saint-Sulpice. Atget, 1898. Source : Gallica/BnF.

Un premier omnibus parisien accueillait les visiteurs ce jour-là dans la cour. Il s’agit d’un véhicule de la ligne F, Wagram-Bastille. Il desservait entres autres, comme l’indiquent les lettres peintes dans un jaune bien visible, la Gare St-Lazare, l’Opéra, la Bourse et les Halles. Plus tard dans l’après-midi, deux beaux chevaux lui ont été attelés pour emmener les visiteurs dans une promenade dans le temps ! Pas plus de 15 personnes n’étaient admises à bord pour ces balades. Un omnibus de cette taille pouvait au XIXe siècle transporter 25 personnes, mais il faut bien dire qu’on n’épargnait pas les chevaux.

Omnibus hippomobile - ligne F : place Wagram / Bastille.

Omnibus hippomobile - ligne F : place Wagram / Bastille.

À l’intérieur, deux autres omnibus et un tramway à chevaux sont présentés, deux de la ville de Toulouse, et un de Neufchâtel. Dans un état de conservation remarquable, les trois véhicules présentent des couleurs vives qu’on ne peut évidemment pas deviner sur les photographies de l’époque. L’intérieur de ces anciennes voitures est aussi un détail inaccessible sur les photographies : lattes en bois tapissent le sol et les parois et confèrent, avec les coussins en tissu, une ambiance chaleureuse.

Intérieur de l'omnibus toulousain n°7.

Le musée renferme également un autobus à impériale, le modèle Brillé-Schneider P2 n°20, en circulation à Paris à partir de 1906. On appelle « impériale » la galerie supérieure, sur laquelle les voyageurs pouvaient monter au moyen d’un petit escalier à l’arrière. Avant les moteurs, les omnibus à chevaux avaient eux aussi été munis de tels aménagements, permettant d’accueillir toujours plus d’individus. Vous pouvez voir une impériale sur le premier omnibus présenté dehors et sur le modèle jaune toulousain. En comparant, on voit bien que les premiers autobus furent construits sur le modèle des véhicules qu’ils allaient rapidement détrôner.

Autobus avec impériale de la CGO. Photographie de presse, agence Rol, 1909. Source : Gallica/BnF.
Autobus avec impériale de la CGO. Photographie de presse, agence Rol, 1909. Source : Gallica/BnF.

Des tickets de transports ont aussi été conservés par l’association. Ils laissent entrevoir les différentes tarifications : 1ère classe, 2ème classe, intérieur ou impériale, tarif « militaire », etc.

Bien d’autres tramways et bus de toutes sortes sont précieusement conservés par l’AMTUIR, qui les entretient avec grand soin. Ils offrent un témoignage de l’évolution des transports urbains, tant d’un point de vue fonctionnel que de celui de l’esthétique industrielle. Je vous laisse aller découvrir par vous-même ces beaux engins à moteurs, qui très vite ont fait oublier la traction hippomobile. En attendant, voici une petite sélection photographique.

 

Pour aller plus loin :

Mon billet sur l’ « enterrement » du dernier omnibus hippomobile parisien en 1913 : « 11 janvier 1913 : enterrement ! Dernier voyage de l’omnibus hippomobile parisien ».

Le billet de Johanna Daniel sur Paris Face cachée édition 2015, où elle parle du patrimoine roulant de la RATP, sur son blog Orion en aéroplane.

Pour votre visite :

Pensez-y l’année prochaine pour la Nuit des Musées ou les Journées du Patrimoine !

Vous pouvez consulter le site internet de l’AMTUIR et la page Facebook du musée.

 

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