George Shiras. Eyes that shine at night.

Une discrète mais non moins importante exposition se tient actuellement et jusqu’au 14 février au Musée de la chasse et de la nature, George Shiras, l’intérieur de la nuit. Grâce à cette rétrospective, j’ai découvert le travail passionnant d’un acteur de la construction de la pensée et de l’action environnementaliste aux États-Unis. George Shiras (1859-1942) passe son enfance dans le décor grandiose du Michigan et des abords sauvages du Lac Supérieur. Initié à la chasse par son père, il trouve rapidement avec la photographie, un autre moyen d’appréhender la nature. C’est lui qui met au point un système de flash permettant de capturer de nuit de magnifiques images d’animaux, qui sont publiées à de nombreuses reprises dans le National Geographic Magazine. Pionnier de la photographie animalière, naturaliste, son expérience de juriste lui vaut un siège au Congrès d’où il travaille avec passion pour la défense de la nature. À la fin de sa carrière, il publie une compilation de ses articles qui est aussi une sorte d’autobiographie : Hunting wild life with camera and flashlight[1].

J’ai tout de suite eu envie de partager cette histoire dans un billet et de l’intituler d’après le titre même d’un chapitre de Hunting wild life… Le naturaliste y apporte une contribution sur le pouvoir réfléchissant des yeux d’un certain nombre de vertébrés la nuit. À la lecture du livre, il m’a paru évident que les mots Eyes that shine at night, « des yeux qui brillent dans la nuit », pouvaient aussi dépeindre George Shiras et résumer parfaitement son travail. Ce sont d’abord ses propres yeux, qui ont voulu voir et révéler la vie des animaux nocturnes, fournissant un apport à la science. Mais ce sont aussi sa pensée et son action, éclairantes et courageuses, au cœur d’un monde industriel et urbain et pleine expansion. Faire redécouvrir l’importance du travail de personnalités qui ont brillé et nous ont fait avancer est une jolie mission, et le Musée de la chasse et de la nature l’a parfaitement endossée à travers cette belle exposition.

Lire la suite

Cattus et Artes

Les chats étant devenus les stars du web, il semblait nécessaire que je leur rende hommage un jour ou l’autre sur ce blog. Or il se trouve que le félin domestique occupe une petite place dans l’histoire de l’art. Comme cela tombe bien ! Attention, malgré l’intention scientifique du titre, tout sérieux est banni de la thèse centrale ce billet. Par ailleurs, si vous êtes hostiles à l’anthropomorphisme, je vous déconseille cette lecture.

Chat regardant à travers une longue-vue et autre chat perché dessus, Agence Rol, 1911. Source : Gallica/BnF.
Chat regardant à travers une longue-vue et autre chat perché dessus, Agence Rol, 1911. Source : Gallica/BnF.

Lire la suite

À cheval sur la plage…

Petite, je rêvais de promenades à cheval sur la plage. Comme je ne sais toujours pas monter à cheval et qu’en dehors de « Paris Plages », quand on habite la capitale, il est difficile de trouver des étendues sableuses, je vis mon rêve par procuration. Voici ma petite collection imaginée de ballades équestres en bord de mer.

Lire la suite

L’art au service de la science : la collection des vélins du Muséum national d’histoire naturelle

La Bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle détient une collection unique, débutée il y a presque 400 ans et alimentée jusqu’au XXIe siècle. La collection des vélins, un ensemble de près de 7000 gouaches et aquarelles sur vélin représentant fleurs, plantes et animaux, est un précieux patrimoine commun à l’art et à la science.

Pie commune / Nicolas Robert, 17e s., vélin, 460x330mm.
Pie commune / Nicolas Robert, 17e s., vélin, 460x330mm. Source : Muséum national d’histoire naturelle (Paris) – Direction des bibliothèques et de la documentation.

Lire la suite

Le chien, accessoire de mode des demi-mondaines

En 2013, j’ai eu la chance de cataloguer un fonds de photographies de Léopold Reutlinger à la Bibliothèque des Arts Décoratifs. L’occasion pour moi de découvrir le travail de ce photographe renommé de la fin du XIXe siècle, début XXe. Dans son studio, Reutlinger photographia actrices, chanteuses et autres demi-mondaines parisiennes, contribuant à la diffusion de l’image de ces célébrités de la Belle Époque.

Geneviève Lantelme photographiée par Léopold Reutlinger
Geneviève Lantelme photographiée par Léopold Reutlinger. Source Bibliothèque des Arts Décoratifs.

Lire la suite